Dessus

J’ai très peu navigué. Quelques étangs parfois, sur de mauvaises barques où nous tentions des poissons toujours absents. Rien d’autre. Sauf.

Quand les deux compères, là-bas, me disent qu’ils prennent le bac pour passer d’un pays l’autre et dessus la Baltique, il me revient le souvenir du Baïkal il y a trois ans.

Le soir, nous avions embarqué pour un petit tour d’eau. La nuit tombait doucement. Le lac ne bougeait presque pas. Il avait tout son temps. Dessous, je savais des abîmes silencieux, des bêtes étranges, des crevettes je crois qui mangent tout et surtout les cadavres.

À un moment, le gris est arrivé, celui que la pénombre, la nuit, envoie devant pour prévenir qu’elle vient. Une avant-garde.

Tout s’est fondu dedans ce gris, le lac, le ciel, et nous, et le bateau, tout ça, dans un seul gris, une nappe.

Je me demande si ce gris là flotte parfois sur la Baltique. Je ne sais pas.

dbourrion Écrit par :

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